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La Franche-Comté ( l'ancienne Haute-Bourgogne ) est administrée par Marguerite d'Autriche et son neveu Charles Quint la gouverne par l'épée, mais aussi le livre...
Les premiers livres imprimés (incunables) sont fabriqués à cette époque.
La bible fut ainsi éditée (pour la première fois en série) à Lyon en 1497.
Un exemplaire (en caractère gothique avec grandes lettres de vermillons et de noir)
se retrouve en 1527 dans la poche d'un illustre personnage (un lettré) qui assiste
à la bénédiction de l'autel de l'église du village cette année là.
Il se nomme Vauchier (ou Vaulchier), il est d'une famille anoblie onze ans plutôt
par Charles Quint pour ''fidélité constante et services agréables''.
''Sans lui nous serions que des jean-foutre'' dira ensuite Louis-Anne de Vaulchier.
Dans la famille, Désiré sera jurisconsulte à Lons-le-Saunier puis lieutenant de bailli.
Comme ses trois frères (Jean, Jean et Pierre), il est originaire du Doubs,
de descendance germanique et a grandi près de Saint-Claude.
Pierre est nommé capitaine et châtelain de la place forte de Joux en 1505.
L'un des quatre est chirurgien de notre archiduchesse Marguerite à partir de 1512
puis garde de l'hôtel du roi à Bruxelles en 1555.
C'est l'un d'eux qui se trouve ici le mardi de Noël, jour du Caresmentrans d'Advens
(carême de décembre au XVI ième siècle) qui s'orthographie ici:
Karesmantrant, (entré en carême).
Date importante pour les paysans du village qui doivent offrir à leur seigneur
''la grand altez de Collan'', (Dame de Montmahoux ou Famille de Scey à cette époque) une poule (la geline de caresmentrant) ou l'équivalent en argent ce jour-là.
Il immortalisera cette double cérémonie en inscrivant ( dans l'église de Coulans )
de sa main sur la dernière feuille de garde de sa précieuse bible l'annotation suivante :

« L'an mille cinq cens et ving et sept le mardi devant la nativitez de nostre dame fust benies la grand altez de Collan ensemble l'auter de la chapelle par le suffragant de monseigneur de Besançon (1).
Lequel at donnez perpetuis temporibz quarentes jours de vray pardon, à sçavoir led. Mardi devant la nativiter le jour de Noël la circuncicion apparicion résuretion pentecostes festes dieu tous les festes de notre dame sanctes crox et la caresme A une chascune personne que dira ung pater noster et ung ave maria en priant dieu pour les trespassés Item le jour sainct sebastein et sainct nycholas.
Cest je certiffie estre vray Vauchier Karesmentrant ».
(1) L'office de suffragant, ou évêque auxiliaire du siège métropolitain de Besançon était occupé, en 1527, par le religieux dominicain Pierre Tassard, évêque de Chrysopolis (nom donné à Besançon).

En 1581, Bénigne Sambin peint l'adoration des bergers, ce tableau est une commande pour l'église où il s'expose toujours.
Bénigne est le fils de Hugues Sambin, l'architecte (également ingénieur et sculpteur) qui fortifiera dix ans plus tard la ville de Salins pour résister aux français.
Le don à l'église marque sa dévotion et protège de la peste.
Le fameux donateur est fort malheureusement tombé dans l'anonymat.
Mais quelques spéculations farfelues permettent à l'enquête de continuer ...
La riche famille Vaulchier (un titre de noblesse se monnaie jusqu'à cent écus d'or au soleil) va s'unir avec la famille Simon, ainsi en 1595 un Simon-Vaulchier est membre de l'assemblée des notables de Poligny.
On sait, par annotation manuscrite également sur ce même exemplaire de la bible,
que ce livre va appartenir en 1588 à Pierre Doroz (religieux bénédictin, administrateur de la bibliothèque à Saint-Vincent de Besançon) dont la famille est aussi de Poligny.
Il est probable que le premier des Vauchier-Simon soit le donateur, sans doute mis à contribution par la famille Simon lors de ses prétentions nuptiales...
Et comme il est fréquent qu'un donateur prête ses propres traits pour se glisser dans la peau d'un des personnages figés par la main de l'artiste,
il est aisé de le reconnaître à la droite du tableau, les bras chargés de dons,
nous regardant dans les yeux.
Peindre des bergers à la place de Rois-mages est une nouveauté artistique de l'époque mais notre fier donateur préfère rester habillé.
Le clin d’œil que ce coulanais vous destine a traversé plus de quatre siècles !

En réalité, il serait simplement probable que ce tableau ait trouvé tardivement refuge dans l'église suite à l'abandon de son lieu d'origine (Migette, Saint-loup ?).

Le 8 avril 1793, lors de l'inventaire de l'ermitage de Saint-Loup en vue de sa vente aux Montrichard de Malans, l'administrateur du district de Quingey note: "Il s'y trouve dans cette sacristie cinq vieux tableaux, rentrés ensuite dans la chapelle, il s'y trouve de même six vieux tableaux".

avant restauration.

Annotations sur l'incunable.

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