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II - Agriculture et forêt


Intéressons-nous aux produits du '' vieil édifice agricole '' d'avant 1850.

ÉLEVAGE :

--> Le cochon pour la viande qui est conservée au sel ou fumée au tuyé (cheminée).
On promène à tour de rôle le cochon aux bois jurés (fruitiers forestiers).
--> Les chèvres et brebis pour leur lait, agneaux et chevreaux pour leur viande .
La laine est filée au rouet.
Un berger désigné garde le troupeau sur les pentes forestières et mauvaises pâtures.
--> Les vaches pour le lait et les veaux pour la viande.
Chaque matin, le pâtre désigné les collecte au son de la corne aux sorties des étables
pour emmener le petit troupeau aux communaux (terrains collectifs).
--> La volaille pour les œufs et la viande.
--> Les lapins pour la viande et les peaux.
--> Les bœufs ou chevaux comtois sont les tracteurs de l'époque et tirent charrues et
voitures agricoles. Ils disposent d'un pré de proximité.

CULTURES :

--> Le maïs (blé de Turquie), le froment, l'orge et l'avoine se consomment en bouillie
quotidiennement.
Les gaudes (bouillie de maïs ou polenta) furent durant deux siècles le plat comtois
avant que la patate ne le remplace.
On réserve les meilleurs terrains pour ces cultures.
--> Les pois, lentilles, fèves et courges sont cultivés sur les autres terrains labourables.

VERGERS :

--> Les pruneaux, pommes, poires et cerises se distillent à l'alambic communal
pour l'alcool.
--> Le noyer fournit l'huile de consommation en pressant ses noix.
--> La vigne fournit un vin très lucratif.

PRODUCTIONS NÉCESSAIRES :

--> Le fourrage (les animaux sont à l'écurie pendant cinq mois d'hiver) est fauché sur
les mauvais terrains en pente (prés de fauche).
--> Le bois de qualité est réservé aux matériaux de construction, aux meubles ainsi
qu'à la fabrication de tout l'outillage agricole.
--> Le bois restant est réparti pour le chauffage (affouage).
--> La pierre de mur et de toit (lauzes) est extraite en forêt, la pierre réfractaire de
cheminée (tuf) est sciée aux tufières (cascades).
--> La terre marneuse sert au torchis (crépis) des maisons et remplissage des murs.
--> Le chanvre est séché (roui) sur le pré, décorcé (tillé) puis écrasé sous les meules (ribes)
avant d'être peigné puis tressé pour le cordage ou vendu au tisserand pour les toiles,
(sa graine, le chènevis, est écrasée pour produire l'huile d'éclairage).
--> La sève des résineux sert à faire la 'poix de bourgogne'.

CALENDRIER AGRICOLE AU SEIZIÈME SIÈCLE :

HIVER : Abattage, découpage et transport du bois.
FIN HIVER : Labours.
Semailles de printemps.
Passage de la herse.
FÉVRIER-MARS : Naissance des animaux.
23 AVRIL : Exclusion du bétail des prairies.
MAI-JUIN : Fenaison.
Saison des foires.
JUIN : Cueillette des cerises.
Tonte des moutons.
Peignage, filage des laines.
AOÛT : Moissons à la faux.
AUTOMNE : Vendanges.
Labours d'hiver.
Cueillette des pommes, poires, prunes et noix.
Préparation des réserves alimentaires.
NOVEMBRE : Saison des foires.
DÉBUT HIVER : Battage des grains au fléaux à la grange.
Noël : Abattage du cochon.


RENTABILITÉ EN 1789 D'UN JOURNAL DE TERRE :
(soit 28,8 ares qui sont labourables par un homme en une journée de travail)

CHIFFRE D'AFFAIRE: production de 18 mesures de bled, à 3 livres la mesure,
égale 54 livres.
FRAIS: 9 livres pour le prix de l'amodiation qu'il faut payer au propriétaire.
12 livres pour les coups de charrue nécessaires.
6 livres pour l'engrais.
15 livres pour 5 mesures de bled à semer
4 livres pour moissonner.
2 livres et 5 sols pour impositions.
1 livre et 10 sols pour le décimateur.
BÉNÉFICE: 4 livres et 5 sols soit moins de 10% !

Tarif d'une journée de faucheur : la nourriture, 12 sous, 6 œufs et 2 onces de beurre.

 


Historiquement, l'origine du développement agricole du village repose en réalité sur les conseils et l'encadrement des moines agriculteurs de la grange Simorin, dépendance agricole de l'abbaye de Buillon.
Pendant des siècles, le paysan fut le vilain, le manant courbant la tête sous le despotisme seigneurial.
A la veille de la révolution, le paysan fréquente les foires et marchés, il se renseigne sur les prix, discute les affaires publiques, le laboureur est riche, respecté et envié.
Mais l'augmentation du nombre d'habitants va un jour atteindre les limites exploitables
de la surface communale.
Cet espace était réparti pour 1/3 de bois, 1/3 de prés et 1/3 de champs de culture.
L'âge d'or de cette agriculture née de l'autosuffisance correspond donc aussi au
début de son déclin.
En 1850, la ''dépaissance'' en forêt (broutage) et la ''feuillée''(pour le fourrage complémentaire) sont enfin interdits pour sauver les derniers lambeaux forestiers...
La mutation agricole en mono-production laitière s'est imposée par obligations démographiques, commerciales mais également environnementales.
Le paysan a une associée et un patron:
Les petites décisions se prennent en famille, les grandes auprès de sa douce.
Les saisons rythment les plans de travaux, l'état du ciel opère le cadrage quotidien.

Il existe trois marchés distincts :
●Un marché de proximité dû à la surpopulation des vallées industrielles
dont Salins, Ornans et Nans (produits périssables).
Ce marché est assuré par les petites surfaces agricoles des vallées et leurs vignes
qui accentuent ici un fort déficit alimentaire.
●Un marché lucratif avec la montagne en pénurie alimentaire
dû au climat froid du Haut-Doubs (alcools, animaux).
●Un marché d'exportation par voies routières et fluviales (grains).
Essentiellement, les produits grimpent vers la montagne et l'argent en descend.
De plus, les grossistes des villes diffusent leurs produits manufacturés mais chers.
Le paysan peut vendre directement sur les marchés d'Éternoz, d'Amancey ou Myon.
Mais l'essentiel est vendu aux marchands ambulants et c'est là où les choses se compliquent: a) Reconnaître le vrai marchand du mauvais intermédiaire.
b) Mesurer correctement le produit (le paysan dispose de sa propre balance).
c) Deviner suivant l'année l'état des récoltes ailleurs
et les tendances de prix induites.
d) Restaurer le marchand et dépanner son chariot l'aidera à revenir,
''mais en cas de disette, il ne te le rendra pas''.

«Il n'arrive que trop souvent que la diversité des poids et mesures occasionne des
disputes et des injustices sans cesse renaissantes dans le commerce détaillé des
différentes denrées» (cahier de doléances, 1789).

SITUATION MONÉTAIRE DU COMMERCE : (en 1580)
Monnaie de Bourgogne: 1 franc=12 gros=4 blancs=3 engrognes.
Monnaie estevenante (de l'église Saint-Etienne de l'archevêché de Besançon):
1 livre=20 sols (ou sous)=12 deniers=2 oboles.
Taux de change : 1 livre estevenante = 53 blancs + 1 engrogne de Bourgogne.

LE PAYSAN COMTOIS AVANT LA RÉVOLUTION :
« Il s'habille d'une culotte juste-au-corps très courte de toile noire, avec une veste de drap bleu et un tablier de peau qu'ils ne quittent pas même à l'église.
Il marche en tout temps avec des sabots et des bas de simple toile.
Presque tous ont le dos voûté, le visage pâle, maigre, les cheveux noirs et lisses.
Les montagnards sont en général de la plus grande taille, bons cavaliers, fort entendus dans le commerce, industrieux dans l'horlogerie et autres arts mécaniques ».

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