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Mademoiselle Adélaïde-joséphine-prospère d'Esternoz est née le premier avril 1773 à Paris où réside la famille depuis longtemps.
Avec sa sœur Aglaé-marie-charlotte et ses deux frères, elle est la fille de Philippe-antoine-joseph-régis d'Esternoz qui meurt en poste à Berlin en tant qu'ambassadeur de France.
Adélaïde entre très jeune au chapitre de Château-Châlon, sa sœur est restée au chapitre royal à Migette où elle est chanoinesse.
La révolution va exploser la famille...
Le 13 février 1790, les ordres religieux sont abolis et les vœux désormais interdits.
Ses frères vont émigrer, les chanoinesses seront chassées de Migette et le chapitre de Château-Châlon forcé de disparaître.
Adélaïde va alors s'évaporer du monde quelques temps...
On la retrouve en 1794 lorsqu'elle intègre la société des Filles du Cœur de Marie (FCM), elle sera la première supérieure des FCM à Besançon.
C'est Etienne Pochard, curé de Montfort puis de Ronchaux, qui sera son conseiller spirituel pour accompagner la jeune supérieure.
La révolution va la rattraper...
Voilà que tombe l'héritage d'un membre allié de la famille, le Sieur d'Ecquevilly qui a fui également la terreur en émigrant.
Il y a des lourdes dettes en jeux, une héritière (Mme de Montmorency) assigne les filles d'Esternoz au tribunal pour partager les dettes de la succession.
Le tribunal l'appelle alors que son entourage est emprisonné, dispersé, émigré ou déjà guillotiné.
Ces deux frères émigrés (donc traites à la nation aux vues des nouvelles autorités) sont représentés par la République.
Le jugement tombe : « pour les émigrés, seule la république hérite ».
Son frère, le nouveau comte d'Esternoz Ange-philippe-honoré est dépossédé et on ne le reverra point avant les commissions d'indemnisation de 1827 (sous un autre régime...).
Pour l'heure, c'est la main-mise nationale sur tous les biens des émigrés.
Adélaïde dont la mère est morte quelques temps avant qu'un écureuil tue son père en 1790, gère seule et sauve ce qu'elle peut des biens de la famille.
Il restera tout de même pour les deux sœurs quelques fermages.
Un seul sera reloué, plusieurs autres vendus, ils alimenteront sa vocation de dons aux pauvres, notamment pour les FCM.
L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais une sale affaire va à nouveau la toucher...
Le 24 décembre 1800, Napoléon est victime d'un attentat.
On retrouve un auteur dénommé Carbon.
Or il se trouve qu'il avait été logé chez une dame, Adélaïde de Cicé, cofondatrice avec Pierre-joseph de Clorivière des FCM.
Le père de Clorivière, sur ordre de Napoléon sera retrouvé et mis en prison en 1804, on le liera avec les ''complots de la chouannerie''.
Adélaïde d'Esternoz perd ici ses derniers proches.
C'est le 27 février 1806 à Besançon, après des années à avoir prodigué des soins aux soldats gangrenés, que sœur Adélaïde d'Esternoz meurt à 33 ans ''accablée et empuantie'' par la contagion.

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