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I - Pages d'histoire

Le Pape prêche pour la première croisade afin de libérer le tombeau du Christ.
Les familles nobles dont les ''De Coulenz'' ou ''De colans'', famille vassale de nobles varasques (les de Scey), envoient comme les autres leurs meilleurs membres pour
délivrer Jérusalem.
Son blason (sans doute créé à cette époque) est à fond d'azur représentant la couleur de l'eau de la mer méditerranée.
Une colombe d'argent (le Saint-esprit, la douceur et la paix) tient dans son bec un rameau d'olivier en vert de Sinople ( terre Turque).
Quatre ans plus tard, des Chevaliers construisent là-bas un hôpital recevant tant de dons d'Europe qu'ils finissent par s'occuper également de la construction des forteresses ainsi que de la flotte militaire, ils fondent l'Ordre des Templiers.
Du prieuré de Saint-Gilles (Gard) s'organisent les départs des croisés en Terre-Sainte.
En 1116, on y trouve 134 changeurs de monnaies car c'est aussi le lieu de pèlerinage
le plus fréquenté d'Occident, c'est de son port que l'on embarque pour Jérusalem.
Dès 1119, Hugo de Coulenz et Wido de Coulenz apparaissent dans le recueil d'actes officiels (le cartulaire général) de l'Ordre du Temple.
Dès 1142, une commanderie de Templiers forme des moines soldats à Salins.
En 1145, l'Abbaye de Clairvaux (Aude) convainc Louis VII de partir à son tour et lui fait reconnaître l'Ordre du Temple.
En 1147, on trouve donc une donation de Gui de Coulenz au profit de Geoffroi (évêque de Langres) pour le développement de l'abbaye de Clairvaux.
Dès 1170, l'Ordre installe une commanderie à Salins (dont l'hôpital) et des maisons à Saizenay (dont chapelle) et Amancey (les armoiries du village rappellent leur 600 ans de présence avec maison et chapelle à proximité du cimetière).
En 1283 Arnaud de Colans, futur Chevalier, fonde sa maison forte en Ardèche tandis que la famille d'Esterno gouverne le château de Montmahoux...
Est-ce la conséquence de la défaite du Seigneur de Scey contre l'archevêque de Besançon ( seigneur temporel) en 1269, Arnaud avait fait le mauvais choix ?
En 1314, le Pape veut en finir avec les templiers et le maître de l'ordre, le franc-comtois Jacques de Molay est bouillit au bûcher lent, l'ordre est anéanti en France.
Mais il se refondera sous l'appellation de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de Malte, (avec transmission de l'héritage... dont le fameux trésor !!!).
Depuis l'île de Malte, l'ordre continue à résister aux musulmans et le chevalier
Balthazard de Colans dirige son galion contre les turcs.
En 1549, frère Balthazard, moine-soldat et Chevalier de Malte devient receveur du prieuré de Saint-Gilles pour le Grand Maître du temple, puis commandeur d'Avignon en 1561.
En 1798, c'est Napoléon en route pour l'Égypte qui s'attaque à l'Ordre de Malte.
Il faut dire que l'empereur a le comte d'Esterno comme ministre.
Comme quoi les querelles locales, si on sait d'où elles viennent, on ne sait jamais jusqu'où elles peuvent nous mener !
Quand à l'emplacement du trésor des templiers,
Balthazard de Colans n'avait de confiance que pour les gens de son village ...

Blason de la lignée familiale de Colans.

Château de Collans en Ardèche.

Le plateau dominant Coulans et Refranche a été déboisé au 12 ième siècle par des moines envoyés ici (comme dans 6000 autres lieux en Europe) pour fonder une ferme isolée de montagne appelée grange.
C'est Hubert Milles de Malans qui est à l'origine du don des terrains alors incultes de la Grange Simorin.
Ces moines font partie de l'ordre des cisterciens (originaires de Cîteaux) qui œuvre dans la production agricole à grande échelle (un million d'hectares cultivés) au sein d'unités agricoles gigantesques pour l'époque.
Chacune de ces granges cisterciennes est spécialisée dans une production agricole.
Les moines y travaillant sont également spécialisés dans leur métier et se nomment pour cela les moines convers, la grange fut d'abord une fruitière à fromage.
Cet ordre est à la pointe des méthodes agricoles médiévales dans toute l'Europe.
Il devient rapidement une grande puissance commerciale et rattache ses granges à une abbaye-mère distante d'une journée de marche maximum.
Celle de Simorin, fut fondée par l'abbaye de Buillon.
Les moines sont bénévoles et plus que motivés, ils sont de 5 à 25 convers par granges et s'entourent d'ouvriers agricoles et de saisonniers car tout le surplus de production part à la vente.
Ces abbayes sont, en ces temps de croisades, très soutenues par les grands du moment, trois seigneurs s'allient ici pour la fonder (Pierre II de Scey avec ceux de Châtillon et Chenecey).
L'abbaye est consacrée par Humbert de Scey, l'archevêque de Besançon en 1138 en présence du comte de Bourgogne.
Les dons affluent, localement c'est Etienne d'Eternoz qui lui cède le patronage des églises de Coulans et d'Eternoz mais c'est le don de la quatrième partie d'une chaudière aux salines de Salins en 1195 qui lui assure l'avenir et notamment l'exemption des péages routiers pour ses moines blancs.
Dès 1160, suite à des investissements massifs, c'est dans la production viticole de qualité que se spécialise la grange en s'appuyant sur le formidable réseau commercial de l'ordre.
On ne peut dissocier le développement du village de cette grange administrée par l'ordre qui inventa le marteau hydraulique (le martinet), l'usine et est à la base d'une révolution industrielle et agricole qui démultipliera les capacités de production et changera Coulans comme tout le pays.
Cette réussite finira par faire de l'ombre aux nobles qui la soutenaient à ses débuts et l'enthousiasme de sa fondation fit vite place à des longues séries de procès.
L'abbaye portera les siècles suivant celui de Buillon le pauvre.
Un des derniers abbés dirigeant, le père Simon Morin, chapelain ordinaire de la reine, fit sa révérence au monde d'ici-bas le 13 avril 1773.

Doulaize en 1956 et parcelle non reboisée sur ses hauteurs.

Emplacement supposé de la grange.

Cadastre torturé de l'endroit.

 

Champs de Billon Doulaize.

De l'époque celtique jusqu'au milieu du XIII ième siècle, la route du sel de Salins passe par la Languetine, Alaise, le pont de Chiprey, le bois du Curon, Coulans, le plateau d'Amancey et poursuit jusqu'aux sources sacrées et miraculeuses d'Ornans.
Outre le commerce du sel, cette voie est très fréquentée par les commerçants et voyageurs, elle assure la prospérité et la domination locale des villages de Coulans et d'Alaise, qui se battent alors pour le leadership.
Le plus ancien document mentionnant le village de Coulans date de 1086 où Pierre d'Échay, curé de l'église de Colens (chef-lieu de paroisse), intervient auprès d'Alaise concernant la desserte de Saraz qu'il revendique dans sa paroisse.
Les deux villages possèdent chacun une église et constituent les deux grandes paroisses qui regroupent tous les villages et granges des alentours.
Lorsque les De Chalon mettent la main sur les salines, tout va être bouleversé localement grâce à leur nouvelle puissance financière.
Politiquement d'abord: les vassaux de l'ancestrale famille De Scey que sont les De Colans et d'Alaise vont perdre du terrain face au vassal local des De Chalon, la famille d'Esterno.
Perrin de Scey vendra ses propriétés de Coulans à Jean de Chalon en 1262 et Raald de Scey fera de même l'année suivante à son épouse Laure.
Un lien vieux de sept siècles vient de se briser.
Du castel Saint-Denis, capitale militaire, politique et économique, la famille régnait
sur le waresgau qui s'étendait de Besançon à Pontarlier, de Mandeure à Poligny.
Au village du château, se tenait dix jours de foire consécutifs à dix kilomètres d'ici.
Économiquement ensuite: l'axe Nans-Eternoz devient carrossable, la voie principale ne passera plus par Coulans, les foires s'installeront à Eternoz, une église y sera
bientôt édifiée.
En 1278, ce sont les enfants à Peletier de Colens qui assureront compagnie d'arme au village pour ''loialmant garantir et deffendre et appaisier contre touz et en touz leus'' les intérêts De Chalon.
L'âge d'or du village s'arrête en 1262 car Jean de Chalon l'antique en fait une succursale d'Eternoz dépendant du nouveau château de Montmahoux.
Il ne restera désormais plus que les vieux papiers et traditions pour défendre les
coulanais de leurs envahissants voisins.
Pâturage du bétail et propriété des terres, délimitations communales, droits curiaux, la résistance du village face à la pression démographique d'Eternoz se traduira par de nombreux procès entre les deux communautés qui dureront pendant des siècles et des siècles!
Il faudra attendre la fusion des communes en 1973 pour que les cinq derniers habitants de Coulans signent enfin leur reddition...
Mais méfions-nous de l'eau qui dort...

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